Une révolution dans vos résolutions : l’engagement !

Résolutions, engagement

 

En ce début 2016, avez vous pris des résolutions ? Non ? Tant mieux ! Parce que, quitte à en prendre, autant n’en prendre qu’une, et bien la choisir. Et enfin, bien la nommer. Personnellement, je préfère la notion d’engagement : dans moins de dix lignes vous saurez pourquoi. Voici six clés qui pourraient bien vous être utiles avant de vous lancer (compter 8 à 10 minutes de lecture).

 

Résolution fumeuse ou engagement tenable ?

Qu’est-ce qu’une « résolution » ?

Personnellement, je dirais une promesse dont on aimerait qu’elle s’incarne spontanément, avec un simple coup de « pensée magique » ! Un peu comme quand j’entends : « ce serait tellement bien que je gagne au loto », et que la personne qui a prononcé ces mots … n’y joue pas. Vous trouvez ma définition pessimiste ? Je vous comprends. En même temps, je n’ai jamais rencontré une personne me dire en fin d’année qu’elle avait tenu sa résolution de début d’année. Et vous ?

A mon sens, ce rituel manque d’un ingrédient pour passer du rêve à la réalité : un garant de votre résolution.

Une personne bienveillante à qui vous confiez votre engagement, et qui vous contacte quinze minutes tous les mois pour savoir si vous avez tenu votre dernier « mini engagement » (au service de votre engagement principal) et pour savoir quel sera celui que vous vous fixez pour les trente prochains jours. Petit pas par petit pas, vous allez faire de grandes choses. Et, statistiquement, le fait de vous être engagé multiplie par 10 vos chances de succès (expérience Lewin, 1940).

Ne prenez qu’un seul engagement, et tenez-le !

Au risque de vous éparpiller, puis de vous flageller. A en prendre un et à l’atteindre, vous allez faire grandir votre confiance dont voici la recette, très schématiquement : a) faire, b) prendre conscience que vous avez fait, c) vous féliciter.

Enfin, votre engagement doit porter sur un moyen que vous maitrisez, pas sur une fin très souvent extérieure à vous : jouer au loto six fois par an (pour la fin d’y gagner) ; appeler dix prospects (pour la fin de signer un client); suivre à la lettre votre programme de marathon (pour le finir dans le temps correspondant au dit programme). Le reste n’est qu’incantation.

Alors ? QUI sera garant de QUEL engagement personnel ou professionnel en 2016 ? Et bien vous savez quoi ? Il est encore trop tôt pour le dire. Car d’abord, une première étape est INDISPENSABLE : le rituel de bilan et d’adieu à l’année passée.

 

Un rituel nécessaire: boucler 2015

Avant de démarrer pleinement une nouvelle année, de prendre votre résolution, ou de faire votre révolution … je vous invite vivement à faire d’abord le bilan de votre année écoulée. En refermant proprement le dernier chapitre, vous vous donnez de meilleures chances de mieux écrire le prochain. Nous verrons pourquoi, avec William Bridges, plus loin dans cet article.

Alors, commençons par trois séries de questions pour ce bilan :

  • Qu’avez-vous vécu et appris ? Notez au moins 3 moments clé et autant d’apprentissages.
  • Qu’est-ce qui a été bon pour vous ? Comment pourriez-vous aller plus loin dans cette direction en 2016 ?
  • Qu’est-ce qui a été moins agréable ? Qu’est ce que vous pouvez faire pour que ça change ?

Ça y est ? Maintenant, relisez vos réponses en ayant en tête la célèbre maxime du stoïcien Epictète : « Ce ne sont pas les choses elles-mêmes qui nous troublent, mais l’opinion que nous nous en faisons. ». Voyez-vous un deuxième niveau de lecture à vos réponses ?

Mais alors, me direz-vous, comment faire la part des choses, comment être plus vigilant et conscient au quotidien ? C’est l’objet du paragraphe suivant.

 

Réalité … et réalité

Duck-Rabbit_illusion
Canard ou Lapin ?

Commençons l’année par un scoop : la réalité n’existe pas. Il en existe autant que d’êtres humains sur la planète. Vous le saviez, me direz-vous. Ok, mais comme nous l’oublions bien souvent, un petit rappel ne vous fera pas de mal.

Nous façonnons notre regard sur le monde en nous basant sur notre vécu, pour mieux tirer des conclusions sur ce qui nous arrivera demain. Notre « paire de lunettes sur le monde » est bien utile, elle a même trois bénéfices majeurs :

  • Nous faire ressentir une forme de sécurité intérieure face à tout ce qui évolue autour de nous ;
  • Faire le tri face à l’impossibilité qui est la notre de tout enregistrer, et ainsi aller plus vite la prochaine fois ;
  • Satisfaire nos besoins de sens et de structure.

Aussi, en permanence, inconsciemment, nous classons, rangeons, étiquetons. « Ouf ! Ce n’est pas nouveau, je connais ». Mais comme nous pensons connaître, il nous est difficile de nous ouvrir au point de vue de l’autre et de voir la richesse et la subtilité de ce qu’il vit, dans son univers, avec sa propre paire de lunettes, et ainsi d’enrichir les nôtres. Nous sommes trop occupés à voir les rassurantes similitudes avec notre propre histoire (et à donner des conseils, puisqu’on sait), ou, au contraire, à rejeter en bloc telle opinion qui nous met instinctivement dans un sentiment d’insécurité.

Nous faisons de même avec nos propres idées nouvelles (oui oui, celles qui émergent de notre propre tête !) que nous nous efforçons régulièrement de faire taire, histoire de rester dans notre équilibre préféré : la non remise en question de notre conception du monde, tellement confortable parce que sécurisante. D’autant plus dans un monde qui nous semble l’être de moins en moins.

Etre conscient de notre propre façon de voir est le premier pas pour nous extirper de ce piège qui rend notre vision du monde souvent trop étriquée, et nous empêche de voir d’autres solutions innovantes, parfois plus adaptées que nos solutions habituelles. Alors retenez qu’en 2016, votre « carte n’est pas le territoire » (Alfred Korzybski).

 

Choisissez un angle d’attaque

Trois possibilités (libre à vous d’en inventer d’autres), les unes n’excluant pas les autres :

Changer le Monde. Est-ce le monde dans lequel vous vivez que vous voulez changer ? Si tel est le cas, qu’est que VOUS, vous voulez et pouvez faire ? Attendre des autres qu’ils le fassent à votre place ne vous donnera qu’insatisfactions.

Changer de Monde. Est-ce que vous voulez changer d’univers ? Lieu de vie, cercles d’amis, type de boulot, d’entreprise, de secteur d’activité ? Histoire qu’il soit plus adapté à votre façon unique d’être (vos valeurs, par exemple) et de faire (vos talents et votre créativité s’expriment-ils assez souvent ?). Faut-il, pour cela, prendre le temps de vous connaître … votre engagement 2016 ?!

Changer de regard sur le Monde. Est-ce votre regard sur le monde que vous souhaitez faire évoluer ? En envisageant, par exemple, les avantages des personnes, contextes, situations que vous mettez parfois tant d’énergie à critiquer ? Vous avez tous entendu parler des trois kifs par jour. Commencer votre diner ainsi, chaque soir, vous permettra de voir, de plus en plus, tout ce qui va bien, et que vous ne voyez pas, faute de vous poser la question, et d’ainsi en prendre conscience.

A propos de conscience, voici une autre clé.

 

Et si votre conscience s’agrandissait, à travers trois niveaux d’observation : contenu, processus, sens.

vista yeux oeil

Si vous deviez mettre un mot sur votre année écoulée, lequel serait-ce ? Pour moi, ce fut une année charnière, une année de transition. Je vous propose d’éclairer cet exemple de ces trois regards.

Transition d’abord vécue, traversée et goûtée à un premier niveau.

Celui de tous les jours, celui du vécu, celui de la rivière de la vie, qui emporte beaucoup sur son passage. On tente d’y faire quelques barrages, retenus d’eau, canalisations, dérivations, et c’est déjà bien. Ce premier niveau, c’est le « contenu ». C’est « ce qui s’est passé », le niveau du « quoi » : création de mon entreprise, formations, accréditation au métier de coach, premiers clients, création de mon site internet, premier article de blog …

Transition ensuite observée. A un autre niveau.

A un niveau « méta », terme grecque qui signifie « au dessus de ». Niveau de regard qui, à force d’être travaillé, par exemple dans un processus d’apprentissage au métier de coach professionnel, permet de voir et sentir les choses à un autre niveau de profondeur et de conscience. C’est le niveau du « comment » (comment les événements se sont mis en place, selon quelles séquences, de quelle manière) et du « pourquoi » (le sens). A développer ce savoir-faire, dans vos échanges, vous enrichirez significativement l’intelligence de vos relations. Dans mon contexte, il s’est agi de comprendre comment (processus) le changement opérait à l’intime de ma personne, dans un contexte d’évolution professionnelle conséquente (de Manager … à Coach de Managers). Traverser moi-même pleinement une expérience de transition profonde, pour être ainsi plus pertinent face à mes clients. Clients qui sont par définition « demandeurs de changements » quand ils achètent des prestations de coaching (c’est le « sens » de cette démarche d’observation de ma propre transition).

Astuce mnémotechnique : je reprendrai ici l’exemple de l’excellent livre de François Delivré, « Le métier de coach », avec sa recette de cuisine :

  • Le contenu, ce sont les ingrédients
  • Le processus, la façon de les agencer avec ordre, logique et savoir-faire
  • Le sens, c’est le fait de cuisiner pour le plaisir de cultiver une vieille amitié

Si vous faites votre prochain ordre du jour de réunion sous tableur avec ces 3 mots en colonnes, vous serez (très) surpris …

  • Notamment par le fait que vous vous concentrez trop sur le seul contenu (points A, B, et C). Et du coup:
  • Comment aborder chacun d’eux ? (Processus : descendant, participatif, créatif ?)
  • Et au fait, pourquoi ? Avec quelle intention ? (Sens)

Ce seront quelques minutes supplémentaires de travail, pour de longues heures gagnées par la suite. A propos de « gagner des heures »: mille fois oui. Mais pas sur tout. Parlons-en maintenant.

 

Enfin, en 2016, dans tout changement, pensez transition !

Transition et changements, deux faux synonymes.

Selon William Bridges, consultant et écrivain américain, le changement est une « réalité concrète objective » (changement de poste, naissance, décès …). Autrement dit une réalité que l’on peut observer.

Une « transition », quant à elle, est une « réalité psychologique subjective ». Ce sont « les adaptations internes » que les changements entrainent, et qui permettent également à ces derniers d’être opérant. Ces adaptations se poursuivent bien au delà du changement visible. Quand un technicien devient manager, il lui faut souvent des mois avant que la transition ait fait son œuvre. Même chose pour les parents d’un nouvel enfant, etc.

Dans nos sociétés, qui plus est dans l’entreprise, on « décide » que le changement, c’est tout de suite, tout le temps. D’aucuns prétendraient qu’il ne ferait d’ailleurs « même pas mal », comme disent les enfants. Certes, on a probablement autant voire plus à gagner dans un changement, qui, a priori, n’a pas été décidé pour embêter tout le monde mais bien pour améliorer un ou plusieurs paramètres. A condition que cela ait du sens pour celui qui observe ce changement … depuis sa propre paire de lunettes.

Mais à nier qu’il implique une transition – contre laquelle notre être ne peut de toute façon pas lutter – l’entreprise trop pressée ne fait que reporter à plus tard des problèmes devenus plus graves. L’empilement de transitions niées, survolées, bâclées, crée des monstres, communément nommés stress, épuisement, perte de sens, désengagement, etc.

Au delà de l’entreprise, c’est toute notre époque qui tend à nier qu’un changement (visible), c’est aussi une transition (intime, invisible, et éminemment inconsciente). Les rites de passage d’un état A (exemple : enfant) à l’état B (exemple : adulte responsable) des sociétés archaïques n’ont pas été créés par hasard par nos ancêtres, dans bien des civilisations. Ils étaient précieux, au moins pour deux éléments majeurs négligés par nos contemporains : le deuil de la situation qui ne sera pas retrouvée (en prendre acte de façon symbolique, comme vous l’avez fait plus haut, avec 2015), et la traversée d’un « No Man’s Land ou Zone Neutre », dans laquelle l’être humain a besoin de temps pour traverser un passage difficile lié à une perte de repères (le monde d’avant n’existe plus, et le nouveau pas encore là), pour mieux renaitre lors du « Renouveau ».

 

Conclusion

Vous voilà peut-être plus armés pour faire plus de choix conscients en 2016 !? Alors, inutile de vous souhaiter une excellente année : vu le pilote au commande, plus un copilote de votre engagement, je suis très confiant !

Et si vous n’avez pas encore mis sur papier votre engagement, je tente une dernière citation pour vous donner envie d’accroitre encore votre niveau de responsabilité dans votre vie « Cherchons nos biens, autrement nous ne les trouverons pas » (Epictète).

Bonne route à vous en 2016 ! Puissiez vous la traverser en excellente santé : je vous le souhaite du fond du cœur.

 

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